Est-ce légal de scraper LinkedIn en France ? La réponse CNIL 2026
En décembre 2024, la CNIL a infligé une amende de 240 000 € à Kaspr, l'une des extensions de scraping LinkedIn les plus utilisées par les équipes commerciales françaises. Cette décision a créé un électrochoc dans le monde de la prospection B2B. Pourtant, entre les articles alarmistes et les discours rassurants des éditeurs d'outils, difficile de savoir ce qui est réellement légal ou non.
Voici la réponse, sourcée sur les textes officiels, la délibération CNIL et la jurisprudence.
La réponse en une phrase : Scraper LinkedIn n'est pas interdit en soi. Mais en pratique, les conditions légales pour le faire de manière conforme sont quasi-impossibles à réunir avec les outils classiques du marché.
Ce que dit réellement la loi
La CNIL l'écrit noir sur blanc dans sa fiche de juin 2025 sur le moissonnage : « Le moissonnage n'est pas interdit en lui-même mais doit faire l'objet d'une analyse au cas par cas. »
La base légale applicable au scraping à des fins de prospection B2B est l'intérêt légitime, défini à l'article 6§1(f) du RGPD. Cette base permet de traiter des données sans consentement préalable, sous trois conditions cumulatives :
- Vous avez un intérêt légitime réel (la prospection commerciale en fait partie)
- Ce traitement n'est pas disproportionné par rapport aux droits des personnes
- Le site source ne s'oppose pas clairement au scraping
C'est sur ce troisième point que LinkedIn pose un problème fondamental.
LinkedIn : une interdiction à trois niveaux
1. Les CGU (Section 8.2.2)
LinkedIn interdit explicitement « tout logiciel, appareil, script, robot ou tout autre moyen ou processus (tels que des crawlers, plugins de navigateur et add-ons ou toute autre technologie) » pour scraper le service. Cette interdiction vaut que les profils soient publics ou non.
2. Le robots.txt
LinkedIn publie un fichier robots.txt restrictif interdisant l'accès aux robots automatisés. Selon la guidance CNIL de juin 2025, l'intérêt légitime devient invalide dès lors que le responsable de traitement « n'exclut pas de la collecte les sites qui s'opposent clairement au moissonnage. » En clair : ignorer le robots.txt de LinkedIn invalide automatiquement votre base légale, quelle que soit la légitimité de votre objectif commercial.
3. Le précédent HiQ
Aux États-Unis, LinkedIn a obtenu une injonction permanente en décembre 2022 contre HiQ Labs, société spécialisée dans le scraping de profils publics LinkedIn. HiQ a dû cesser toute activité de scraping et détruire les données collectées, même celles issues de profils entièrement publics.
L'affaire Kaspr : ce que la CNIL a réellement sanctionné
La délibération SAN-2024-020 du 5 décembre 2024 est le document de référence. Elle condamne Kaspr à 240 000 € pour quatre violations distinctes.
Comment fonctionnait Kaspr ? L'extension Chrome se synchronisait avec le compte LinkedIn de l'utilisateur payant. Elle exposait les coordonnées (email, téléphone) des relations de cet utilisateur, y compris de personnes ayant volontairement limité leur visibilité à leur réseau de 1er/2e degré. La base de données concernée contenait environ 160 millions de contacts professionnels, collectés depuis LinkedIn et des annuaires de noms de domaine.
Les quatre violations retenues :
- Défaut de base légale (Art. 6 RGPD) : le paragraphe 44 de la délibération pose le principe clé : « le fait pour les personnes cibles d'avoir choisi de masquer leurs coordonnées équivaut à une forme d'opposition. » Si quelqu'un a restreint la visibilité de ses données, scraper ces données invalide l'intérêt légitime.
- Conservation disproportionnée : 5 ans de rétention des données, sans justification suffisante au regard du principe de minimisation.
- Manque de transparence : pendant 4 ans (2018–2022), Kaspr n'informait pas les personnes concernées de la collecte de leurs données.
- Réponses inadéquates : lors des demandes d'accès RGPD, Kaspr était incapable de fournir l'origine des données collectées.
Note importante : la délibération ne dit pas que scraper des profils entièrement publics est illicite ; cette question reste techniquement ouverte. Mais entre le robots.txt de LinkedIn, les obligations de transparence et les contraintes de conservation, la conformité reste quasi-inatteignable avec les outils standard.
L'affaire Nestor : le B2B n'est pas exempté
L'affaire Kaspr n'est pas un cas isolé. En décembre 2020, la CNIL avait déjà sanctionné la société Nestor à 20 000 € pour avoir constitué une base de 635 033 prospects B2B à partir de profils LinkedIn scrapés, puis conduit une prospection commerciale non-consentie.
L'intérêt légitime avait été rejeté pour une raison simple : le lien entre le produit vendu (des repas d'entreprise) et les profils collectés était insuffisant pour justifier le traitement.
Ce que ça confirme : la prospection B2B ne bénéficie d'aucune exemption. Les données restent des données personnelles même si elles figurent sur un profil LinkedIn public. L'opt-out suffit en B2B (pas de consentement préalable comme en B2C), mais cela implique d'avoir un mécanisme d'opposition opérationnel dès le premier contact.
Ce qui est légal et ce qui ne l'est pas
| Méthode | Risque CNIL | Risque ban LinkedIn |
|---|---|---|
| Extension Chrome type Kaspr | Élevé (précédent direct) | Élevé |
| Scraping via cookies / session LinkedIn | Élevé | Très élevé |
| Bots ignorant le robots.txt | Élevé | Très élevé |
| Délégation à un prestataire via API | Faible si conforme | Nul (votre compte non exposé) |
La différence clé avec l'approche Snapleads : on utilise l'API LinkedIn, sans cookies, sans scraper qui contourne le robots.txt. Votre compte LinkedIn n'est jamais en jeu. La conformité RGPD (base légale, transparence, durée de conservation) est gérée de notre côté, pas du vôtre.
Ce que ça change concrètement pour votre prospection
Constituer une liste de prospects LinkedIn qualifiée de façon conforme est devenu un projet en soi : vérifier les paramètres de visibilité profil par profil, respecter le robots.txt, informer chaque personne de la collecte, gérer les demandes d'opposition, limiter la durée de conservation.
Pour une startup ou un directeur commercial qui prospecte seul, c'est inaccessible sans y consacrer un temps considérable.
C'est exactement ce que Snapleads résout : vous décrivez votre cible (secteur, intitulé de poste, zone géographique, taille d'entreprise), on livre la liste qualifiée en 48h, au format CSV ou Excel. Paiement unique, sans abonnement. Votre compte LinkedIn ne risque rien. La conformité est notre responsabilité.
En résumé
- Le scraping n'est pas interdit en théorie, mais quasi-systématiquement illégal en pratique sur LinkedIn avec les outils du marché
- La CNIL a prononcé 240 000 € contre Kaspr (5 déc. 2024) et 20 000 € contre Nestor (déc. 2020)
- Le robots.txt de LinkedIn invalide à lui seul la base légale de l'intérêt légitime pour la plupart des scrapers
- La restriction de visibilité d'un profil = forme d'opposition opposable aux tiers collecteurs (§44, SAN-2024-020)
- La solution pour une prospection B2B sereine : déléguer à un prestataire qui maîtrise ce cadre
Sources : CNIL SAN-2024-020 (Légifrance), cnil.fr, EDPB, LinkedIn User Agreement Section 8.2.2, CNIL fiche moissonnage juin 2025
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